Ravello, Italie : que faire, la villa Cimbrone, le festival

Ravello, Italie : que faire, la villa Cimbrone, le festival

Ravello est perché à 350 mètres au-dessus d’Amalfi, à l’écart de la route littorale et de sa procession de bus. Des trois villages les plus connus de la côte amalfitaine (Positano, Amalfi, Ravello), c’est le seul qui n’est pas en bord de mer — et c’est ce qui fait sa singularité. Les voyageurs en reviennent d’ailleurs rarement déçus. Ravello doit sa renommée à ses deux villas (Rufolo et Cimbrone) parmi les plus visitées d’Italie, sa terrasse suspendue au-dessus du vide, et son festival de musique né du passage de Wagner. Ce guide vous dit ce qu’il faut voir, comment choisir entre les deux villas, et comment monter au village — en bus, à pied ou en voiture.

Ravello en deux mots

Ravello se trouve sur un éperon rocheux entre deux vallées, au-dessus d’Amalfi et d’Atrani, face au golfe de Salerne, dans la région Campanie. Au Moyen Âge, c’était une cité de marchands et d’évêques (son Duomo date de 1086). Le village était suffisamment prospère pour se payer des palais dont deux, la villa Rufolo et la villa Cimbrone, font aujourd’hui sa réputation. Personne ne passe « par hasard » à Ravello : c’est un village un peu isolé en altitude, et c’est précisément ce qui l’a préservé de la foule du littoral.

L’autre identité de Ravello, c’est la musique. En 1880, Richard Wagner visite les jardins de la villa Rufolo et il a une révélation. Il y voit le décor qu’il cherchait pour son opéra Parsifal : le jardin enchanté du magicien Klingsor. Il créera cet opéra deux ans plus tard dans son théâtre de Bayreuth, en Allemagne. Cette anecdote, devenue presque une légende, n’a jamais été oubliée. À tel point qu’en 1953, le village crée un festival en l’honneur de Wagner, avec des concerts donnés chaque été sur une scène face à la mer — dans les jardins mêmes qui l’avaient inspiré. C’est aujourd’hui le 2ème festival le plus ancien d’Italie.

Que faire à Ravello ?

La villa Rufolo

La villa Rufolo, juste à côté de la piazza del Duomo, est le monument emblématique de Ravello. On y entre par une tour du 13ème siècle. C’est un palais de marchands aux influences arabo-normandes datant de la période médiévale, avec des jardins en terrasses qui plongent vers la mer. Il a été remanié au 19ème siècle par un Écossais amoureux des ruines. C’est ici que Wagner a eu la révélation dont on parlait plus haut, et que se déroule le festival de musique (la scène est montée chaque été sur le belvédère inférieur). L’entrée coûte 8 € (réductions pour les plus de 65 ans et les 5-12 ans), avec la tour-musée et les expositions comprises.

La villa Cimbrone et la terrasse de l’Infini

La villa Cimbrone se trouve à l’autre bout du village. On y va uniquement à pied : comptez 10 à 15 minutes de marche dans les ruelles depuis la piazza. C’est l’œuvre d’un aristocrate anglais du début du 20ème siècle, qui a transformé un domaine du 11ème siècle en jardin romantique : allée monumentale, temples, roseraies, statues.

La villa elle-même est devenue un hôtel 5 étoiles, mais les jardins se visitent tous les jours, de 9 h jusqu’au coucher du soleil (l’heure de fermeture suit donc les saisons). L’entrée est de 10 €. Le parc s’achève à la pointe du promontoire, sur la terrasse de l’Infini : un balcon bordé de bustes de marbre, posé au-dessus de 350 mètres de vide, avec un panorama sur le golfe de Salerne jusqu’aux montagnes du Cilento. C’est l’une des vues les plus photographiées d’Italie, et elle tient sa promesse.

Le Duomo

La cathédrale se trouve sur la grande piazza du village. Fondée en 1086, elle a conservé ses portes de bronze du 12ème siècle. À l’intérieur, deux ambons de marbre se font face — les ambons sont ces tribunes surélevées d’où l’on lisait les textes sacrés. Celui de la famille Rufolo, porté par six lions sculptés, est un chef-d’œuvre du Moyen Âge campanien. Dans une chapelle latérale, on peut observer une fiole contenant le sang de San Pantaleone, le saint patron de la ville.

Chaque 27 juillet, jour anniversaire de son martyre, les habitants se rassemblent pour voir le sang séché redevenir liquide — le même type de miracle que celui (plus célèbre) de San Gennaro à Naples. Un petit musée occupe la crypte ; son entrée se trouve via Richard Wagner.

L’auditorium Oscar Niemeyer

À quelques minutes du centre, un bâtiment en béton blanc à l’allure de vague regarde la mer : c’est l’auditorium dessiné par Oscar Niemeyer, l’architecte de Brasília, inauguré en 2010 après des années de polémiques. On l’aime ou pas (les habitants de Ravello ont longtemps été partagés), mais il a donné au village une salle à l’année, et il fait maintenant partie du paysage. Concerts et projections s’y tiennent hors saison et pendant le festival.

Les ruelles de Ravello, et Scala en face

Le reste du village se parcourt en flânant : ruelles voûtées, escaliers, végétation qui déborde des murs, boutiques de céramique. De l’autre côté du vallon, la discrète Scala (qui se revendique comme le plus ancien bourg de la côte) se rejoint en une demi-heure de marche et offre la meilleure vue sur Ravello.

Villa Rufolo ou villa Cimbrone ?

C’est une question que posent les voyageurs qui n’ont pas beaucoup de temps (ou pas l’envie de payer pour les deux villas). La préférence va souvent à la villa Cimbrone. Le parc est plus vaste, la foule plus diluée, et la terrasse de l’Infini est le lieu le plus spectaculaire du village. La villa Rufolo a néanmoins deux atouts : son histoire (la tour, le cloître mauresque, Wagner) et le belvédère du festival avec ses pins parasols en contrebas, l’image la plus connue de Ravello.

Un conseil : faites les deux. À elles deux, elles remplissent une demi-journée et les visites se complètent : Rufolo illustre le Moyen Âge, Cimbrone le romantisme anglais. Et les deux billets d’entrée réunis coûtent moins de 20 €, ce qui reste abordable pour la côte amalfitaine.

Le festival de Ravello

Tous les étés depuis 1953, le festival installe son orchestre sur le belvédère de la villa Rufolo. La scène est montée au-dessus de la mer : les musiciens jouent entre ciel et eau. Chaque édition court de début juillet à début septembre, et propose de grandes formations symphoniques, des récitals, un cycle jazz en août, et un concert à l’aube, à 5 h 15, devenu le rituel le plus recherché de l’été.

Côté pratique : le prix des concerts varie entre 20 et 60 € (le concert à l’aube, petit-déjeuner compris, monte à 100 €). La vente des billets ouvre au printemps sur le site officiel du festival et à la billetterie de la piazza del Duomo. Les dates les plus demandées partent vite : réservez dès la sortie du programme. Dernière précision concernant l’accessibilité : comme presque partout à Ravello, il faut emprunter des escaliers pour rejoindre les gradins. Et si vous assistez à un concert, prévoyez de dormir sur place pour profiter du village, une fois le spectacle terminé.

Faut-il prévoir une demi-journée ou une nuit à Ravello ?

Ravello vaut le détour, et c’est même, pour beaucoup de voyageurs, le souvenir le plus marquant de la côte amalfitaine. Une demi-journée suffit pour voir l’essentiel : les deux villas, le Duomo, le tour des ruelles. Ajoutez la pause déjeuner et un peu de flânerie, et la demi-journée se transforme vite en journée.

Autre option : y rester pour la nuit. Ravello vit au rythme des visiteurs qui arrivent d’Amalfi. Quand les derniers bus redescendent en fin d’après-midi, le village retrouve ses 2 500 habitants, ses places tranquilles et son silence — un contraste que les visiteurs de passage ne soupçonnent pas. C’est ce Ravello-là qui a séduit Greta Garbo, Gore Vidal et des générations de têtes couronnées. Les deux palaces du village — le Belmond Caruso et sa piscine à débordement, et le Palazzo Avino — pratiquent des tarifs à la hauteur de leur réputation, mais on trouve aussi des chambres d’hôtes et des adresses familiales bien plus abordables. Et les hébergements à Scala, juste en face, sont encore moins chers. Et pour chiffrer votre voyage, parcourez mon guide sur le budget d’un voyage en Italie.

Comment aller à Ravello ?

Que ce soit en bus, à pied ou en voiture, on rejoint Ravello depuis Amalfi. Si c’est une étape qui fait partie de votre programme, mon guide pour visiter Amalfi vous aidera à l’organiser.

Le bus SITA relie Amalfi à Ravello en 20 à 30 minutes par une route assez sinueuse, pour environ 1,50 €. Les billets s’achètent avant de monter dans le bus, dans un tabac ou un bar (jamais à bord). Les départs sont en principe réguliers du matin au soir. Mais aux heures de pointe, le bus arrive parfois plein ou en retard : prévoyez de la marge, surtout pour redescendre si vous devez prendre un ferry, et vérifiez les horaires du jour.

À pied, un ancien escalier de pierre relie Amalfi à Ravello par Atrani : une marche d’environ 3,5 km à travers jardins et citronniers, parmi les plus belles de la côte amalfitaine. Dans le sens de la montée, c’est un vrai effort : comptez plus d’une heure et évitez les heures chaudes. La descente, elle, est plus douce : prévoyez 45 minutes. La meilleure option : prenez le bus à l’aller, et les escaliers au retour.

En voiture, la route qui monte depuis la côte est étroite et en lacets. À l’arrivée, le centre est piéton et les places de stationnement se concentrent sur quelques parkings payants, dont celui de l’auditorium Niemeyer. Hors juillet-août, c’est jouable. Mais en pleine saison, le bus reste la solution la plus pratique. Et il n’existe pas de liaison directe depuis Sorrente : on change à Amalfi, quel que soit le moyen de transport.

Et pour intégrer Ravello à votre itinéraire ?

Après les escaliers de Positano et l’animation d’Amalfi, une matinée dans les jardins suspendus de Ravello offre une parenthèse plus calme. Reste à savoir quand intégrer cette étape dans l’itinéraire — quel jour, dans quel sens — et à décider si on y passe seulement la journée, ou aussi la nuit. Autant de questions qu’on se pose en préparant un séjour — et je suis là pour vous aider à prendre les bonnes décisions. Mon guide pour organiser un voyage sur la côte amalfitaine vous donne déjà une vue d’ensemble. Et pour un itinéraire construit sur mesure pour vous, découvrez comment se déroule un accompagnement.

Vos questions sur Ravello

Ravello vaut-il le détour ?
Oui — des trois villages les plus connus de la côte (Positano, Amalfi, Ravello), c’est le plus tranquille. Et la terrasse de l’Infini justifie à elle seule la montée. Comptez une demi-journée pour visiter les deux villas et le Duomo, une journée pour flâner sans regarder l’heure.

Villa Rufolo ou villa Cimbrone ?
Les deux si possible : comptez moins de 20 € au total pour une demi-journée complète. S’il faut choisir, Cimbrone pour le parc et la terrasse de l’Infini ; Rufolo pour l’histoire et le belvédère du festival.

Comment aller à Ravello depuis Amalfi ?
En bus SITA : 20 à 30 minutes, environ 1,50 € le trajet, billets à acheter dans un bureau de tabac ou un bar avant de monter dans le bus. Les passages sont réguliers mais la ponctualité fluctue. Gardez de la marge pour le retour.

Peut-on monter à Ravello à pied ?
Oui, par l’escalier qui passe par Atrani : environ 3,5 km de marches. La montée demande plus d’une heure : évitez les heures chaudes. Beaucoup préfèrent monter en bus et redescendre à pied, en 45 minutes environ.

Faut-il dormir à Ravello ?
Si votre budget et votre programme le permettent, c’est un vrai plus : le village se vide en fin d’après-midi et les soirées ont une ambiance plus locale. Sinon, la demi-journée depuis Amalfi vous laissera déjà de beaux souvenirs.

On en parle de vive voix ?