Gênes, Italie : que faire, où dormir, combien de jours

Gênes, Italie : que faire, où dormir, combien de jours

Est-ce que ça vaut le coup de s’arrêter à Gênes ? C’est une question qui revient souvent car c’est une ville assez méconnue. Et pourtant c’est un des centres historiques médiévaux les plus vastes d’Europe, avec des palais classés au patrimoine mondial, un vieux port réaménagé en lieu de promenade, et des rues où l’on croise encore peu de touristes. Gênes est une destination authentique, tout sauf lisse. C’est précisément ce qui la rend intéressante. Voici ce qu’il faut savoir pour la visiter : que voir, comment y aller, où dormir, combien de temps prévoir.

Gênes en deux mots

Gênes est la capitale de la Ligurie et la plus grande ville de la région. Sur une carte, elle s’étire tout en longueur le long du littoral. C’est une ville bâtie à flanc de colline, faute de place entre la mer et la montagne : les rues grimpent vite, au point que des funiculaires et des ascenseurs publics font partie des transports en commun. Son surnom historique, la Superba, date de l’époque où la république de Gênes rivalisait avec Venise.

La ville a longtemps tourné le dos au tourisme : c’était un port industriel, le premier d’Italie, et il l’est toujours. Mais trois dates ont changé la donne. En 1992, pour les 500 ans du voyage de Christophe Colomb (enfant du pays), l’architecte génois Renzo Piano a transformé le vieux port en quartier ouvert sur la ville. En 2004, Gênes a été capitale européenne de la culture. Et en 2006, ses palais des Rolli et les Strade Nuove sont entrés au patrimoine mondial de l’UNESCO.

Que faire à Gênes ?

Le centre historique et les caruggi

La vieille ville est un labyrinthe de ruelles médiévales, appelées les caruggi. Elles sont si étroites que le soleil n’y entre qu’à midi. On y trouve des boutiques centenaires qui ont gardé leur décor d’origine, des friggitorie (les friteries traditionnelles) qui vendent à la part la farinata (une galette de pois chiches), du linge aux fenêtres et une vie de quartier bien réelle. Les Génois y habitent, y travaillent, y font leurs courses. Ces ruelles traînent une mauvaise réputation largement exagérée. De jour, ce sont des rues commerçantes et animées, où les précautions à prendre sont celles de n’importe quelle grande ville.

En chemin, deux repères. La cathédrale San Lorenzo, avec sa façade rayée de noir et de blanc, marque le centre du quartier. Un peu plus haut, la piazza De Ferrari et sa grande fontaine font la jonction avec la ville du 19ème siècle, le Teatro Carlo Felice d’un côté, le Palazzo Ducale de l’autre. Ce dernier accueille les grandes expositions temporaires de la ville.

Les palais des Rolli et la via Garibaldi

C’est le grand site de Gênes : non pas un monument, mais 42 palais disséminés dans la ville. À partir de 1576, la république de Gênes tenait des registres (les rolli) listant les demeures des grandes familles tenues d’héberger les hôtes de passage. Plus l’invité était important, plus le palais devait l’être. Ces palais, aujourd’hui classés au patrimoine mondial, sont concentrés autour de la via Garibaldi, l’ancienne Strada Nuova tracée au 16ème siècle.

Trois d’entre eux forment les musées de Strada Nuova : le Palazzo Rosso, le Palazzo Bianco, et le Palazzo Doria Tursi qui conserve le violon de Paganini. Attention, une partie des salles sont régulièrement fermées en raison de rénovations : vérifiez les ouvertures du moment avant d’acheter votre billet. Sur la via Balbi voisine, le Palazzo Reale, résidence des Savoie à partir de 1824, se visite avec sa salle de bal et sa galerie des glaces. Et deux week-ends par an, pendant les Rolli Days au printemps et en automne, des palais habituellement fermés au public sont ouverts gratuitement. Si vos dates coïncident, ne ratez pas cette occasion.

Le Porto Antico : l’aquarium, le Galata et le front de mer

Le vieux port rénové par Renzo Piano est devenu le lieu de promenade des Génois. On y trouve l’aquarium de Gênes, le plus grand d’Italie : comptez à partir de 26 € par adulte en ligne, avec des prix qui varient selon la date et la formule choisie. Un conseil : réservez en ligne avec un créneau horaire. Les files d’attente peuvent dépasser une heure en haute saison et par jours de pluie. Ouvert toute l’année, c’est la valeur sûre des familles quand la météo se gâte.

À côté, le Galata Museo del Mare raconte l’histoire maritime de la ville sur quatre étages, avec un sous-marin amarré à quai en complément de visite. Le Bigo, l’ascenseur panoramique dessiné lui aussi par Renzo Piano, offre une vue à 360° sur le port. Plus loin, la Lanterna, le phare emblème de la ville, veille sur l’entrée du port du haut de ses 77 mètres. C’est le plus haut phare d’Italie.

Deux attractions du secteur méritent le coup d’œil. Le galion Neptune, réplique de navire du 17ème siècle construite en 1986 pour le film Pirates de Polanski, est superbe vu du quai. La visite de l’intérieur (6 €) est rapide. La maison de Christophe Colomb, près de la Porta Soprana, est une reconstruction du 18ème siècle sur le site présumé de la maison familiale : un petit mémorial qui se parcourt en quelques minutes, billet couplé avec le cloître de Sant’Andrea voisin. Si votre temps est compté, contentez-vous dans les deux cas de l’extérieur et gardez la priorité pour les palais.

Boccadasse, Nervi et le bord de mer

À l’est de la ville, Gênes réserve des surprises. Boccadasse est un ancien village de pêcheurs absorbé par la ville, avec ses maisons colorées serrées autour d’une petite plage de galets. On y vient pour manger une glace face à la mer, en fin de journée au soleil couchant. On y va en bus, ou à pied depuis le centre par le Corso Italia, la promenade littorale des Génois.

Plus loin, à Nervi, la passeggiata Anita Garibaldi longe la mer sur deux kilomètres. Cette promenade taillée dans la roche est prolongée par des parcs et d’anciennes villas devenues musées. Le train y va en une dizaine de minutes depuis la gare de Brignole.

Combien de jours prévoir à Gênes ?

En 2 jours, vous voyez l’essentiel : le centre historique, la via Garibaldi, le Porto Antico. En 3 jours, vous ajoutez l’aquarium et une demi-journée à Boccadasse ou Nervi sans courir. Et Gênes fonctionne très bien en base pour une semaine : les trains régionaux desservent Camogli, Santa Margherita et Portofino d’un côté, les Cinque Terre et La Spezia, porte du golfe des Poètes, de l’autre. Pour les Cinque Terre, consultez mon guide dédié — y passer la journée et y dormir sont deux choix très différents.

Comment aller à Gênes ?

Depuis le sud de la France, le train est la solution naturelle : comptez 3 h à 3 h 30 depuis Nice, le plus souvent avec un changement à Vintimille, avec une douzaine de liaisons par jour. La ligne longe la mer une bonne partie du trajet — et rien que ça, ça vaut le coup. Depuis Milan, Gênes est à moins de 2 heures. Depuis Paris, comptez la journée en passant par Milan ou par Nice.

En avion, l’aéroport Cristoforo Colombo est aux portes de la ville, relié au centre par la navette Volabus. En voiture, mieux vaut le savoir : le centre est en grande partie interdit à la circulation, les rues montent, et le stationnement coûte cher. Les parkings sont plus simples côté Brignole. Si Gênes est votre destination principale, privilégiez le train.

Se déplacer dans Gênes

Le centre de Gênes se visite à pied. Sachez que c’est une ville avec du dénivelé, et les transports sont adaptés. Le billet urbain à 2 € (valable 110 minutes) couvre tout : les bus, la ligne de métro, mais aussi les funiculaires et la dizaine d’ascenseurs publics qui grimpent vers les hauteurs. Un pass 24 h existe à 10 €.

Deux trajets valent le détour. Le funiculaire Zecca-Righi, en service depuis 1895, monte en 12 minutes du centre jusqu’aux hauteurs du Righi, où l’on a une vue sur toute la ville et le port — et même jusqu’à Portofino par temps clair. Et l’ascenseur de Castelletto, cabine de 1909 dans son écrin de style liberty, débouche sur la Spianata Castelletto, le belvédère préféré des Génois au coucher du soleil.

Où dormir à Gênes ? Les quartiers

Côté sécurité, Gênes est une ville sûre dans l’ensemble. Les précautions valent surtout la nuit, dans les ruelles isolées entre le port et la gare de Gênes Principe, et via Prè. Pour le reste, la vigilance est la même que dans toute grande ville. Attention aux pickpockets dans les rues commerçantes et au Mercato Orientale.

Pour dormir, le meilleur choix reste le centre historique côté piazza De Ferrari et via Garibaldi : central, bien éclairé, proche de tout à pied. Le quartier de Castelletto, sur les hauteurs desservies par l’ascenseur, offre le calme et la vue. Et si vous cherchez un séjour plus posé, Nervi combine le bord de mer et le train direct vers le centre. Évitez simplement les hôtels à prix cassés autour de la gare Principe : l’économie ne vaut pas l’environnement nocturne. Pour avoir une idée du budget, mon article sur le budget d’un voyage en Italie donne les fourchettes de prix, catégorie par catégorie.

Où manger : pesto, focaccia et trattorias

Gênes est la capitale du pesto, préparé avec le basilic génois AOP. On le sert sur les trofie ou trenette, les pâtes locales. Autre spécialité de la ville : la focaccia, que les Génois n’hésitent pas à tremper dans le cappuccino au petit-déjeuner. Il existe plusieurs versions de focaccia, dont une au fromage venue de Recco, la ville voisine. Dans les caruggi (les ruelles du centre historique), cherchez les friggitorie (les friteries traditionnelles) pour la farinata, la galette de pois chiches cuite au four à bois qui se déguste dans la rue pour quelques euros la part.

Pour un repas assis, les trattorias et les petits restaurants du centre historique restent abordables par rapport aux villes touristiques de la côte. Le Mercato Orientale, le grand marché couvert, permet de manger sur le pouce au milieu des étals.

En escale de croisière : Gênes en quelques heures

Gênes est un grand port de départ et d’escale de croisières, et beaucoup de voyageurs n’en voient que le terminal. C’est dommage, car le centre est à 10-15 minutes à pied de la Stazione Marittima. Aucune excursion payante n’est nécessaire pour visiter la ville.

Avec une demi-journée, l’itinéraire logique est une boucle : le Porto Antico d’abord, puis la montée vers la cathédrale San Lorenzo par les caruggi, la piazza De Ferrari, et le retour par la via Garibaldi et ses palais. Avec une heure de plus, l’ascenseur de Castelletto ajoute le panorama. Si vous dormez à Gênes la veille de l’embarquement, choisissez le centre historique ou les abords immédiats du port côté ville. Vous rejoindrez le terminal à pied, sans taxi ni navette.

Quand visiter Gênes ?

Le climat génois est doux toute l’année, mais toutes les saisons ne se valent pas. Le printemps, d’avril à juin, est la meilleure période : températures agréables, terrasses ouvertes, journées qui s’allongent. Septembre suit de près, avec une mer encore chaude. C’est aussi le mois du salon nautique : réservez tôt si vous prévoyez un séjour fin septembre. L’été est chaud sans être étouffant, la brise de mer aidant, et la ville reste plus respirable que les grandes villes à l’intérieur des terres. L’automne est la saison la plus pluvieuse. Les averses y sont abondantes : prévoyez des visites de repli, comme l’aquarium et les palais. L’hiver, doux et calme, se prête à un week-end entre musées et trattorias, avec les tarifs d’hébergement les plus bas de l’année.

Côté événements, retenez les Rolli Days au printemps et en automne pour visiter les palais qui sont fermés le reste de l’année, et Euroflora, la grande exposition florale qui revient certains printemps dans les parcs de Nervi.

Et pour organiser votre voyage à Gênes ?

Vous l’avez compris : Gênes demande un peu plus de préparation qu’une destination balnéaire. Il faut choisir le bon quartier, répartir votre temps entre la ville et la côte, faire votre programme de visites. C’est exactement le travail que je fais pour mes voyageurs : découvrez comment se déroule un accompagnement. Et pour un itinéraire plus large, qui combine la visite de Gênes, des Cinque Terre et de l’arrière-pays, consultez mon guide complet de la Ligurie.

On en parle de vive voix ?