Voyage en Ligurie : que voir, où aller, comment en profiter

Voyage en Ligurie : que voir, où aller, comment en profiter

La Ligurie, c’est la région située entre la France et la Toscane, un croissant de 350 kilomètres entre mer et montagne. Tout le monde connaît les Cinque Terre, mais presque personne ne connaît le reste de la Ligurie. Et pourtant elle mérite le détour. Ce guide présente la région dans son ensemble, avec des conseils pratiques pour organiser votre séjour : les deux rivieras, les bonnes bases pour rayonner, le train ou la voiture, le temps qu’il faut pour bien en profiter. Je partage aussi mes impressions, suite à mes différents repérages sur place.

La Ligurie en deux mots : où c’est, pourquoi y aller

La Ligurie est cette bande étroite du nord-ouest de l’Italie qui épouse le golfe de Gênes, de la frontière française jusqu’aux portes de la Toscane. Les Alpes et les Apennins rencontrent la mer Ligure d’où des paysages assez spectaculaires: des villages construits à la verticale, des routes en corniche, des criques au pied des falaises — et une région qui a deux facettes: la côte et l’arrière-pays. C’est aussi l’Italie la plus proche pour les voyageurs français : quelques kilomètres après Menton, Vintimille et ses façades colorées mettent déjà dans l’ambiance.

La carte de la Ligurie ci-dessous situe les deux rivieras, les villages de la côte et de l’arrière-pays, et les villes-bases d’où rayonner.

Levant ou Ponant : comprendre la côte ligure

Gênes, la capitale, coupe la région en deux. À l’est de Gênes, la Riviera di Levante : la côte spectaculaire et célèbre avec Portofino et sa presqu’île, Camogli, Sestri Levante, les Cinque Terre, Portovenere et le golfe des Poètes. C’est la Ligurie qu’on voit en photos, et la plus fréquentée aussi. À l’ouest, la Riviera di Ponente : plus de plages, moins de notoriété — Finale Ligure, Alassio, Sanremo, Bordighera, jusqu’à Vintimille. C’est la Ligurie des vacances balnéaires italiennes, où il y a moins de Français et où les prix sont plus abordables.

Les villages de la côte, du Levant au Ponant

Le Levant, la côte la plus connue

Les Cinque Terre méritent leur réputation avec cinq villages accrochés aux falaises et un parc national classé à l’UNESCO, à condition de bien s’y prendre. J’ai détaillé dans un guide complet comment les visiter, quand y aller et où dormir. Portofino, à une heure au nord-ouest, est le petit port en demi-lune le plus photographié d’Italie — à visiter en connaissant les règles du jeu (on n’y va pas en voiture, on n’y dort pas, et c’est très bien comme ça).

Portovenere, à la pointe sud du golfe des Poètes, est classée à l’UNESCO avec les Cinque Terre et vaut largement une demi-journée : l’église San Pietro posée sur son éperon rocheux est l’une des plus belles images de toute la côte. Pour organiser cette partie du voyage (la base à La Spezia, les bateaux du golfe, Lerici et l’île Palmaria), découvrez mon guide de La Spezia et du golfe des Poètes.

Ajoutez Camogli et ses hautes maisons peintes, Sestri Levante et sa baie du Silence, Chiavari et ses arcades. Le Levant concentre un nombre assez incroyable de merveilles au kilomètre.

Le Ponant, la côte plus confidentielle

On parle moins du Ponente, mais il réserve de belles étapes de bord de mer. Cervo, souvent décrit comme un bijou méconnu de la région (et un coup de cœur personnel) : un village médiéval en amphithéâtre au-dessus de la mer, des ruelles colorées qui grimpent vers l’église baroque face au large. L’été, la place de l’église accueille un festival de musique de chambre. Varigotti est réputée pour sa baie des Sarrasins, son eau cristalline et ses maisons colorées les pieds dans l’eau – il y a un air d’exotisme sur cette plage que j’ai adoré ; Noli, l’ancienne petite république maritime voisine et ses tours médiévales ; Alassio et Finale Ligure sont les grandes stations de sable du Ponente, très prisées des familles italiennes.

Plus à l’ouest, la Riviera dei Fiori (la Riviera des fleurs) est celle des stations historiques : Sanremo, célèbre pour son casino, son festival de la chanson italienne, et sa vieille ville en pain de sucre, la Pigna, surnommée ainsi parce qu’elle est bâtie en spirale sur une colline et qui surprend ceux qui n’attendaient que des palaces ; Bordighera, plus discrète, a séduit Claude Monet en 1884. Il y a peint quelques-unes de ses toiles les plus lumineuses. Entre les deux, une longue piste cyclable aménagée sur l’ancienne voie ferrée du littoral permet de longer la mer à vélo sur des kilomètres. Et à deux pas de Vintimille, les jardins botaniques Hanbury, suspendus au-dessus de la Méditerranée sur le cap de la Mortola, font partie des grands jardins de la Riviera. Ils se visitent en 2 heures et réconcilient tout le monde, marcheurs et contemplatifs.

Gênes vaut-elle le détour ?

C’est la question qui revient sur tous les forums, et ma réponse est oui, à condition de savoir ce qu’on vient y chercher. Gênes n’est pas une ville-musée : c’est un grand port vivant, avec l’un des plus vastes centres historiques médiévaux d’Europe, un labyrinthe de caruggi (les ruelles génoises) où l’on passe des palais classés de la via Garibaldi aux échoppes de focaccia en 30 secondes. On y trouve l’un des plus grands aquariums d’Europe (argument décisif avec des enfants), le quartier coloré de Boccadasse (où se retrouvent les Génois en fin de journée), et la meilleure cuisine de rue de la région. Gênes mérite au minimum une journée pleine, ou une étape d’une nuit entre les deux rivieras. Pour en faire une vraie étape de votre voyage, mon guide complet pour visiter Gênes détaille que faire, où dormir et comment organiser votre temps sur place.

L’arrière-pays et ses villages perchés

Derrière Vintimille, à 20 ou 30 minutes de la côte, on change d’atmosphère : la montagne, le silence, des villages perchés aux pierres anciennes. Dolceacqua, à 10 kilomètres de Vintimille, est le plus connu : le village médiéval s’enroule au pied du château des Doria, relié à la partie neuve par un pont en dos d’âne que Claude Monet a peint en 1884. Il le qualifiait de « bijou de légèreté ». Apricale, un peu plus haut dans la vallée, est classé parmi les plus beaux bourgs d’Italie. L’été, son théâtre en plein air l’anime. Triora, tout au fond du val Argentina, est le plus singulier. On l’appelle le village des sorcières car il fut le théâtre de grands procès en sorcellerie à la fin du 16e siècle. Et ça se ressent vraiment : un bourg de montagne perché, des ruelles étroites et sombres, des maisons anciennes ornées de peintures et de symboles mystiques. Enfin, Bussana Vecchia, au-dessus de Sanremo : un village ruiné par un séisme au 19e siècle et réinvesti par des artistes, devenu une curiosité à part.

Ces vallées ne se visitent qu’en voiture, et c’est probablement ce qui les protège : à quelques kilomètres de la côte saturée, elles restent étonnamment tranquilles, même en plein été.

À table : la région qui a inventé le pesto

La Ligurie a une cuisine bien à elle. C’est ici qu’est né le pesto (le vrai, au basilic génois, pilé avec pignons, parmesan, pecorino et huile d’olive locale, servi sur des trofie ou des trenette). La focaccia est aussi emblématique de la cuisine ligure. Elle se mange à toute heure, nature et luisante d’huile à Gênes, ou dans sa version de Recco, fine et fourrée au fromage fondant. Ajoutez la farinata (une galette de pois chiches cuite au feu de bois), les anchois de Monterosso côté Cinque Terre, les vins blancs produits sur les terrasses à flanc de falaise, et une huile d’olive du Ponente qui compte parmi les plus douces d’Italie. On mange très bien en Ligurie et les meilleures adresses sont rarement celles qui ont vue sur un monument : cherchez-les dans les caruggi et les villages de l’arrière-pays.

Les plages : à quoi s’attendre

En Ligurie, la côte est rocheuse et les plages de sable sont l’exception plus que la règle — surtout côté Levant, où dominent criques, galets et rochers plats où l’on étend sa serviette. Dans le Ponente, on trouve de vraies plages de sable à Alassio et Finale Ligure, et des baies réputées comme celle de Varigotti. Comme partout en Italie, une grande partie du littoral est occupée par des plages privées payantes (transats et parasols) ; les portions libres d’accès existent presque partout, mais elles sont prises d’assaut en été. Le bon calcul : viser juin ou septembre, où la mer est déjà (ou encore) agréable, et où les plages retrouvent une taille humaine. Pour le détail des prix (plages privées, parkings), découvrez mon guide du budget d’un voyage en Italie.

Que faire en Ligurie : randonnée, bateau et culture

La Ligurie est d’abord une terre de randonnée, héritée de siècles de sentiers muletiers entre villages. Au-delà des chemins des Cinque Terre, dont j’ai parlé en détail dans le guide dédié, la région entière est traversée par l’Alta Via dei Monti Liguri, un sentier de grande randonnée qui suit les crêtes de Vintimille à la Toscane. On peut en parcourir une étape à la journée, avec la mer d’un côté et les Alpes de l’autre. Le parc naturel du promontoire de Portofino offre des sentiers en balcon vers l’abbaye de San Fruttuoso, accessible uniquement à pied ou en bateau.

Sur l’eau, il y a plein de possibilités en été entre les services de bateaux saisonniers qui relient les villages du Levant (Portofino, San Fruttuoso, les Cinque Terre, Portovenere), le kayak qui se pratique au pied des falaises, et la baignade dans les criques. Et pour la culture, Gênes concentre l’essentiel. Les palais des Rolli de la via Garibaldi, inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO, racontent la grande époque de la république maritime génoise. À cela s’ajoutent les musées, l’opéra Carlo Felice et l’immense aquarium. En saison, de nombreux évènements animent les villages comme le festival de musique de chambre de Cervo, ou le théâtre en plein air d’Apricale.

Train ou voiture ? Le train pour la côte, la voiture pour l’arrière-pays

La bonne nouvelle : une ligne de train longe toute la côte, de Vintimille à La Spezia via Gênes, avec une quinzaine de liaisons quotidiennes de bout en bout. Et sur chaque tronçon, le train régional passe bien plus souvent encore. Pour un voyage 100 % côtier (Gênes, le golfe du Tigullio, les Cinque Terre), le train suffit et vous épargne le pire de la région : les parkings rares et chers, les routes en corniche encombrées, et les ZTL des centres historiques (ces zones à trafic limité à l’origine d’amendes qui arrivent par courrier des mois plus tard). Seul bémol : certaines petites gares ont fermé au fil des modernisations — Cervo, par exemple, n’a plus la sienne. Vérifiez la desserte exacte de votre étape.

L’arrière-pays, lui, ne se visite qu’en voiture : les vallées de Dolceacqua ou Triora sont difficilement accessibles autrement. D’où la formule que je recommande le plus souvent : une base fixe qui permet de rayonner tout autour. Côté Levant, Levanto ou La Spezia pour rayonner sur les Cinque Terre et le golfe des Poètes en train ; Santa Margherita Ligure pour le Tigullio et Portofino ; côté Ponente, Finale Ligure ou les environs de Vintimille, avec la voiture pour monter dans les vallées. Et pour découvrir les différentes facettes de la Ligurie : deux bases, une par riviera.

Combien de jours, quel itinéraire ?

La question que je lis partout : « Nous faisons un road trip dans le nord de l’Italie avec 3 jours en Ligurie, quelles étapes choisir ? ». Ma réponse : en 3 jours, choisissez une riviera sinon vous passerez votre séjour sur l’autoroute. En 3 à 4 jours, vous pouvez découvrir le Levant (avec une base, les Cinque Terre sans courir, Portofino ou Portovenere) ou le Ponente (plages + une vallée de l’arrière-pays). Une semaine permet d’explorer une riviera (les incontournables, l’arrière-pays) avec des journées détente. Pour combiner les deux, comptez 10 jours (moins de temps reviendrait à visiter au pas de course — faisable mais pas du tout reposant). Au-delà, la Ligurie se combine bien avec le Piémont ou la Toscane voisins — j’en parle dans mon guide où partir en Italie.

Pour rendre ça concret, voici la trame d’une semaine pas trop chargée, côté Ponant : une base vers Bordighera ou Finale Ligure, une journée pour Vintimille et Dolceacqua, une pour Apricale et les villages du val Nervia, une pour Triora (plus haut dans la montagne), une pour la côte, et une journée sans programme — plage, marché, terrasse. Même logique côté Levant, depuis Levanto ou Santa Margherita : les Cinque Terre en 2 jours pour prendre le temps, Portofino et sa presqu’île, Portovenere, et du temps pour flâner. Et pour combiner les deux rivieras dans le même voyage : 10 jours, 4 nuits d’un côté, 5 de l’autre, avec la journée à Gênes au moment de la bascule. C’est une idée d’itinéraire, pas un modèle : selon que vous voyagez avec des enfants, à pied ou en van, le rythme s’ajuste. Et c’est exactement le travail que je fais avec mes clients.

Quand partir en Ligurie ?

Mai, juin et septembre sont les meilleurs mois : mer agréable, lumière superbe, affluence raisonnable. Juillet et surtout août sont les mois les plus fréquentés par les touristes italiens et étrangers sur la côte : c’est faisable en s’organisant (visiter tôt le matin, bien choisir sa base). Et c’est la période où l’arrière-pays prend toute sa valeur. Il y fait plus frais, et il y a beaucoup moins de monde. L’hiver, enfin, est une option à envisager si vous aimez les villages hors saison : la Ligurie est réputée pour la douceur de son climat. Je l’ai traversée en plein mois de janvier lors de mon voyage en camping-car en famille, et j’ai beaucoup aimé l’atmosphère : les villages rendus à leurs habitants sous un soleil d’hiver. Sachez simplement qu’une partie des hôtels et restaurants ferment en basse saison.

Et pour organiser votre voyage en Ligurie ?

Mieux vaut préparer votre voyage à l’avance. La Ligurie ne s’improvise pas : deux rivieras, un arrière-pays méconnu, des bases à choisir, un équilibre train-voiture à trouver. Si vous préférez confier la création de votre itinéraire à une spécialiste de l’Italie, c’est mon métier : voici comment se déroule un accompagnement.

Vos questions sur un voyage en Ligurie

Où se trouve la Ligurie ?

Au nord-ouest de l’Italie, le long du golfe de Gênes : c’est une région avec 350 kilomètres de côtes entre la frontière française (Vintimille) et la Toscane (La Spezia), adossée aux Alpes et aux Apennins. C’est, avec le Piémont et la Vallée d’Aoste, l’une des trois régions italiennes frontalières de la France — et la seule qu’on rejoint par la côte : Menton et Vintimille se touchent.

Combien de jours pour visiter la Ligurie ?

3 à 4 jours pour avoir un aperçu d’une riviera (Levant ou Ponant), une semaine pour l’explorer avec des journées détente, 10 jours pour combiner les deux avec un changement de base au milieu. En dessous de 3 jours, concentrez-vous sur une seule zone : les Cinque Terre depuis Levanto, ou le Ponente avec une vallée de l’arrière-pays.

Quel est le plus beau village de Ligurie ?

Impossible de n’en donner qu’un, alors voici quelques réponses : Vernazza pour la carte postale des Cinque Terre, Portovenere pour le golfe des Poètes, Dolceacqua pour l’arrière-pays médiéval et son pont peint par Monet, Cervo pour un village de bord de mer plus confidentiel.

Peut-on visiter la Ligurie sans voiture ?

Oui pour la côte : la ligne ferroviaire Vintimille–Gênes–La Spezia dessert l’essentiel des villes et villages du littoral, Cinque Terre comprises. Non pour l’arrière-pays : les vallées de Dolceacqua ou Triora demandent une voiture. La formule idéale combine les deux : le train pour la côte, la voiture pour les vallées.

Quand partir en Ligurie ?

Mai-juin et septembre pour le meilleur équilibre mer-affluence-lumière. Juillet-août pour les plages en sachant que c’est la période la plus fréquentée — l’arrière-pays, plus frais et tranquille, y devient un refuge précieux. L’hiver, doux en Ligurie, permet de découvrir les villages sans touristes pour ceux qui cherchent autre chose que la baignade.

On en parle de vive voix ?