Portofino : que faire, comment y aller, combien ça coûte vraiment
Portofino est probablement le village le plus photographié d’Italie. Un minuscule port en demi-lune, des façades ocre et roses serrées autour d’une place, des yachts, un promontoire couvert de pins — mais aussi un seul parking aux tarifs dissuasifs, et des restaurants et hôtels parmi les plus chers d’Italie. Ce guide vous donne les clés d’une visite réussie : comment y aller, combien de temps y rester, où dormir. Précision utile pour commencer, car la confusion est fréquente : Portofino ne fait pas partie des Cinque Terre — c’est à une bonne heure au nord-ouest.
Portofino en deux mots
Portofino occupe la pointe d’un promontoire entre Camogli et Santa Margherita Ligure, à 35 kilomètres à l’est de Gênes, sur la Riviera italienne. Le village lui-même est minuscule : quelques centaines d’habitants, une place face au port (la piazzetta), deux rues, des maisons hautes et colorées. Ancien village de pêcheurs devenu, dès les années 1950, l’un des rendez-vous de la jet-set méditerranéenne, il a gardé l’échelle d’un hameau : on en fait le tour à pied en une petite heure. Ce qui fait sa réputation, c’est le site : la baie en demi-lune, les pins parasols, la lumière. Et cet environnement est encore préservé : tout le promontoire est protégé par un parc naturel régional, et la mer autour par une aire marine protégée.
La carte de Portofino ci-dessous situe le village, Paraggi et San Fruttuoso, les liaisons en bateau depuis Santa Margherita, Rapallo et Camogli, et la route du bus depuis Santa Margherita.
Que faire à Portofino ?
La visite commence par le port. C’est sur la piazzetta et les quais que vous pourrez ressentir l’ambiance de Portofino, avec ses cafés, ses façades ocre et roses, les yachts amarrés à quelques mètres et le va-et-vient du port. Ensuite, la visite continue sur les hauteurs avec la montée vers l’église San Giorgio, construite sur la crête entre le port et la mer. La terrasse offre la première belle vue sur la baie.
Un peu plus haut, le château Brown (dont l’entrée est payante) surplombe l’ensemble. Depuis ses jardins, on a une vue plongeante sur le port et la baie. Et pour ceux qui aiment marcher, le sentier continue jusqu’au phare de Punta del Capo, à la pointe du promontoire. Comptez environ 30 minutes de promenade facile depuis le village, avec la mer des deux côtés à l’arrivée.

Le village en lui-même se visite en 2 à 3 heures, château compris. Prévoir une journée si vous voulez visiter la presqu’île : la baignade à Paraggi, la randonnée ou le bateau vers San Fruttuoso. J’en parle plus bas. Les boutiques de luxe et les terrasses du port, elles, sont optionnelles : on peut passer une excellente demi-journée à Portofino sans autre dépense que le transport.
Est-ce hors de prix ? Est-ce que ça vaut le coup ?
C’est la question la plus posée sur les forums, alors parlons franchement. Oui, Portofino est cher (probablement le village le plus cher de la côte ligure). Les hôtels du village se comptent sur les doigts d’une main et sont dans la catégorie luxe, les consommations en terrasse sur la piazzetta se paient au prix fort, et le parking est facturé pour décourager (on y revient juste après). Mais non, ce n’est pas un piège à touristes, à condition de comprendre ce qui fait la beauté de Portofino : le site, la lumière, la montée à San Giorgio, la promenade du phare, l’arrivée en bateau. Tout ça est accessible sans rien dépenser. Le piège, ce n’est pas le village, c’est d’y venir en voiture, d’y dormir sans le budget adapté, ou de s’asseoir à une table de restaurant sans regarder les prix. En préparant bien la visite (en bateau ou en bus, à la demi-journée, pique-nique ou repas pris à Santa Margherita), Portofino coûte le prix d’un billet de bateau et vaut largement le déplacement.
Comment aller à Portofino (et pourquoi pas en voiture) ?
Il n’y a pas de gare à Portofino. Le point d’accès est Santa Margherita Ligure, à 5 kilomètres : on y arrive en train (ligne côtière Gênes–La Spezia), puis on termine le trajet en bus, en bateau ou à pied. En bus, la ligne 782 (l’ancienne ligne 82) relie la gare de Santa Margherita à Portofino en une quinzaine de minutes, via Paraggi, avec des passages fréquents toute la journée. Le trajet coûte aux alentours de 5 €. En bateau (c’est l’option que je recommande), des navettes régulières partent de Santa Margherita (environ 15 minutes de trajet) et de Rapallo (environ 30 minutes de trajet) toute l’année, avec une fréquence réduite en hiver. Comptez environ 15 € l’aller-retour depuis Santa Margherita. L’arrivée par la mer est de loin la plus belle façon de découvrir le village et ses façades colorées. Enfin, à pied, un sentier côtier relie Santa Margherita à Portofino par Paraggi : environ 1 heure de marche agréable en bord de mer.
Et la voiture ? À éviter, autant le dire sans détour. Portofino est un cul-de-sac desservi par une unique route en corniche, fermée à la circulation certains jours de grande affluence. Il y a un seul parking couvert à l’entrée du village (comptez environ 5,50 à 6 € de l’heure, plus de 20 € la journée) et un garage privé qui facture la journée 60 à 80 € en été. Aucune place de stationnement n’est gratuite dans le village, et en haute saison, le parking complet oblige à faire la queue à l’extérieur en attendant qu’une place se libère. La bonne stratégie si vous êtes motorisés : laisser la voiture à Santa Margherita Ligure (places de stationnement le long du front de mer autour de 1 € de l’heure, certaines rues sont gratuites) ou au parking situé près du Covo di Nord Est, sur la route de Portofino (environ 1 € de l’heure — la ligne de bus 782 passe devant et permet de rejoindre le village en quelques minutes, ou comptez 40 minutes à pied par le sentier). Puis finir en bus, en bateau ou à pied. Pour les pièges de la conduite en Italie en général (ZTL, amendes), voyez mon guide du budget d’un voyage en Italie.
Se baigner : Paraggi, la plage émeraude (et ses limites)

À mi-chemin entre Santa Margherita et Portofino, la crique de Paraggi est la seule plage de sable des environs et son eau vert émeraude est réellement spectaculaire. Deux choses à savoir avant d’y poser sa serviette : la plage est en grande partie occupée par des établissements privés payants, dont les tarifs suivent la réputation du lieu, et la portion libre d’accès est très réduite (quelques dizaines de mètres, pris d’assaut dès le matin en été).
Hors saison, en revanche, l’endroit retrouve son calme et devient une très belle étape de la promenade côtière. On y accède à pied depuis Portofino ou Santa Margherita par le sentier du bord de mer, ou en bus : la ligne 782 s’y arrête.
San Fruttuoso : la plus belle excursion de la presqu’île
Sur l’autre versant du promontoire, dans une crique accessible uniquement à pied ou en bateau, l’abbaye de San Fruttuoso est un lieu atypique de la côte ligure : un monastère fondé au 10e siècle sur une plage de galets, complètement isolé. Pas de route, pas de village, seulement la mer et la forêt. L’ensemble appartient depuis 1983 au FAI, l’équivalent italien des monuments historiques, qui a restauré l’abbaye.

La visite est possible toute l’année — fermetures les lundis en basse saison, horaires variables selon la saison et la météo : vérifiez-les sur le site du FAI (en italien) avant d’y aller. Au large de la crique, à 17 mètres de fond, une statue du Christ des Abysses attire plongeurs et amateurs de snorkeling.
Il y a deux façons d’y aller, et ce sont deux expériences différentes. En bateau : des liaisons régulières relient San Fruttuoso à Portofino, Santa Margherita, Rapallo et Camogli. C’est la solution simple, et la traversée longe de belles falaises. À pied : les sentiers du parc naturel traversent le promontoire depuis Portofino. Comptez environ 2 heures de vraie randonnée, avec du dénivelé et de longues portions en marches de pierre : prévoyez de bonnes chaussures. La récompense : l’arrivée sur la crique, avec une magnifique vue d’en haut. La formule classique d’une belle journée : la randonnée à l’aller, la baignade et la visite sur place, puis le retour en bateau (ou le bateau à l’aller et au retour si vous ne voulez pas marcher). Un conseil : la crique est minuscule, et en plein été elle se remplit vite. Privilégiez une visite le matin, ou une journée de semaine.
Où dormir : pas à Portofino (sauf si vous avez un grand budget)
Dormir à Portofino même est réservé aux grands budgets. Le village compte une poignée d’hôtels, presque tous en catégorie luxe, et les prix s’envolent en saison. Pour les budgets plus limités, Santa Margherita Ligure — à quelques kilomètres — est la base idéale. C’est une petite ville balnéaire avec de l’animation, une gare, un vrai choix d’hôtels à prix raisonnables, et Portofino à 15 minutes de bus ou de bateau. Rapallo, la ville voisine sur la même ligne de train, est l’alternative encore plus abordable, avec sa propre liaison en bateau vers Portofino (environ 30 minutes). Les deux permettent de profiter de Portofino tôt le matin (en bus ou à pied) ou en fin de journée, les plus beaux moments, en économisant sur le budget.
Combien de temps prévoir à Portofino ?
Pour le village seul, comptez une demi-journée pour voir la piazzetta, San Giorgio, le château Brown, le phare, et prendre un café. Ajoutez Paraggi ou San Fruttuoso au programme si vous prévoyez une journée complète sur place. Y passer plus de temps se justifie si vous souhaitez un séjour détente.
Portofino ou les Cinque Terre ?
C’est une question qui revient souvent. Et pour rappel, une heure de route les sépare. Les Cinque Terre sont un territoire : cinq villages, des sentiers, deux ou trois jours de découverte. Portofino est un site exceptionnel qui se visite en une demi-journée ou une journée. Dans un séjour en Ligurie de 4 ou 5 jours, les deux se combinent très bien. Mais pas dans la même journée : des liaisons maritimes saisonnières le proposent, et c’est le meilleur moyen de ne profiter ni de l’un ni de l’autre. Une journée pour Portofino et sa presqu’île, deux à trois pour les Cinque Terre : voilà le bon équilibre. Et pour préparer votre séjour en Ligurie, consultez mon guide complet de la Ligurie.
Et pour organiser votre visite de Portofino ?
Une visite de Portofino ne s’improvise pas : il faut choisir le bon moyen d’accès, le bon moment de la journée, la bonne base pour dormir, et l’excursion à ajouter (Paraggi ou San Fruttuoso). Si vous n’avez pas envie de gérer l’organisation, c’est mon métier : voici comment se déroule un accompagnement.
Vos questions sur Portofino
Comment aller à Portofino depuis Gênes ?
Prendre le train régional jusqu’à Santa Margherita Ligure (ligne côtière direction La Spezia), puis le bus 782, le bateau ou le sentier côtier jusqu’à Portofino. En saison, des liaisons maritimes directes existent aussi depuis Gênes et Camogli. L’arrivée par la mer est la plus belle option. Et si vous voulez faire de Gênes une étape à part entière, mon guide pour visiter Gênes vous aidera à décider combien de temps y rester.
Peut-on se garer à Portofino, et gratuitement ?
Il n’y a aucun stationnement gratuit à Portofino. Le village compte un seul parking couvert, à environ 5,50 à 6 € de l’heure, souvent complet en saison. La solution : laisser la voiture à Santa Margherita Ligure (environ 1 € de l’heure, certaines rues sont gratuites) et terminer le trajet en bus, en bateau ou à pied.
Combien de temps prévoir pour visiter Portofino ?
2 à 3 heures pour le village (piazzetta, église San Giorgio, château Brown), une demi-journée avec le phare en plus et un moment pour s’asseoir sur le port, une journée complète si on ajoute au programme la plage de Paraggi ou l’excursion à San Fruttuoso.
Portofino ou les Cinque Terre ?
Les deux, mais pas le même jour. Les Cinque Terre sont un territoire avec cinq villages et des sentiers ; Portofino, un site qui se visite en une demi-journée ou une journée. Pour un séjour en Ligurie, comptez une journée pour Portofino et sa presqu’île, deux à trois pour les Cinque Terre.
Où se baigner à Portofino ?
À la plage de Paraggi, entre Portofino et Santa Margherita : du sable, une eau émeraude, mais une plage largement privatisée dont la portion libre d’accès est très réduite. Arrivez tôt en été. Autre option, plus sauvage : la crique de San Fruttuoso, accessible à pied ou en bateau.
